samedi 4 août 2012

La citation de la semaine - Guy Delisle (Chroniques de Jérusalem et Pyonyang)

J'ai toujours lu des bandes dessinées. Enfant, j'adorais lire tous les Astérix ou les Iznogoud en une fin de semaine. J'ai  un peu gardé cette habitude d'en lire plusieurs de suite. Dans ma tête, une bd ça se lit en 1/2 heure ce qui fait qu'on passe facilement à travers 5-6 en un après-midi. Alors quand j'arrive devant des bandes dessinées de 300-400 pages, il faut que je vous avoue que j'ai un petit blocage. Je les regarde, j'hésite, habituellement je finis par les lire mais j'ai souvent besoin d'une petite poussée.
Par exemple, Pyongyang et Chroniques birmanes trainaient depuis un certain temps dans ma bibliothèque. J'avais déjà lu Shenzen et Chroniques de Jérusalem, je savais que le travail de Guy Delisle me plaisait que j'aimais sa manière de poser son regard sur les autres cultures, mais ces deux livres sont assez volumineux, alors je retardais leur lecture. Heureusement, il a passé le mois de juillet en résidence à Québec et quelques activités publiques ont accompagné cet événement comme un classe de maître et une rencontre ayant pour thème la bd comme outil documentaire.
Guy Delisle 
Sa venue fut ce dont j'avais besoin pour lire les Guy Delisle qui m'attendaient. Et comme prévu, je me suis régalé, j'en ai même profité pour aller à la rencontre sur la bd comme outil documentaire. Il y a parlé, entre autres, de ses différentes méthodes de travail, sur place, il prend des notes et fait des croquis et une fois de retour chez lui, il consulte son matériel et il cherche les informations qu'il lui manque sur internet (vive Google images et Wikipedia !). On a d'ailleurs appris qu'il avait écrit Pyongyang en Éthiopie, ce qui fait qu'on ne pourra jamais lire Chroniques d'Éthiopie puisqu'en étant trop concentré sur son travail il n'y a pas pris suffisament de notes pour en faire un album. C'est pour ça que maintenant il attend d'être à la maison pour rédiger. Il a également besoin de ce recul pour bien trouver les anecdotes qui sauront nous intéresser.
Un autre des intérêts de cette rencontre fut qu'on nous a présenté d'autres bandes dessinées qui sont des oeuvres documentaires comme Gaza 1956 de Joe Sacco et Le photographe de Didier Lefevre, Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier deux bandes dessinnées qui m'attendent et que je tarde à lire car elles sont volumineuses. Heureusement, ils ont aussi parlé de Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) de Sarah Giddens, Les ignorants d'Étienne Davodeau, Maus d'Art Spiegelman et Persépolis de Marjane Satrapi qui sont des oeuvres que j'ai lues et appréciées.
Ils ont également parlé de cette première citation, je l'avais choisi avant même d'aller à la rencontre. J'avais envie de vous dire que ce n'est plus aussi vrai, juste sur ce blogue nous avons parlé de plusieurs femmes bédéistes comme Zeina Abirached, Lamia Ziadé, Maryse Dubuc, Iris et Zviane. Guy Delisle l'a confirmé, le monde de la bande dessinée n'est plus exclusivement masculin, mais visiblement le mariage dont Guy Delisle fut témoin de la fenêtre de son appartement lui n'était réservé qu'aux hommes. Ça lui a d'ailleurs amené cette pensée qui m'a bien fait rire !
«-Quel curieuse soirée.
- Pas une seule fille.
- Un vrai festival de bandes dessinées» 
 - Guy Delisle,  Chroniques de Jérusalem, Delcourt. p. 75 
Pour cette deuxième citation, il venait de visiter le Palais des amitiés, musée rendant hommage à Kim Il Sung, président éternel  de la Corée du Nord. À la fin de la très longue visite, voici ce qu'il a écrit dans le livre d'or:
«De ma vie, je n'ai jamais franchi de couloirs aussi grands.
Heureusement qu'on nous a prêté des pantoufles, autrement j'en aurais troué mes semelles.»
- Guy Delisle, Pyongyang, Delcourt, p. 107 

Dans ce commentaire, on retrouve tout l'humour de Guy Delisle et c'est ce ton qui rend ses livres si intéressants. Alors volà, ne faites pas comme moi et empressez-vous de lire cet auteur si ce n'est pas déjà fait, vous ne le regretterez pas. 

- Marie-Hélène Vaugeois

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