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| France Daigle - photo: Robert Skinner, La Presse |
Vous savez, dans le fond, je suis une grande peureuse. Lorsqu'on me parle d'un livre en chiac, de 730 pages dont chaque petite partie a un thème et un numéro qui y est rattaché, ben moi je recule et je n'ose pas m'attaquer à la bête. Ça ne m'empêche pas de m'y approcher à l'occasion, de la feuilleter, d'essayer de comprendre ces chiffres qui défient toute logique et ce chiac, bien agréable à entendre, mais de là à le lire ? Mais bon, les peurs, c'est fait pour être surmontées, et il y a l'entourage qui est là pour nous encourager. Alors, après qu'au moins 3 personnes m'aient parlé avec passion de Pour sûr de France Daigle, j'ai finalement décidé de tenter l'expérience. Et je ne l'ai pas regretté, oh que non !
Dès les premières pages, j'ai su que ce livre serait une de mes lectures marquantes. Il y a dans ce roman un mélange d'érudition et de fiction qui m'a immédiatement enchantée. À chaque fois que je l'ouvrais, j'étais éblouie de bonheur. Il m'a même accompagnée durant un de mes aller/retour en bus à Montréal et à un moment, le soleil se couchait, la lecture était sublime et je me suis dit: «ceci est un moment parfait !» Vous vous imaginez.. dans un autobus sur la 20 !
Mais c'est quoi, Pour sûr ? D'un côté, c'est l'histoire de Terry et Carmen, leurs deux enfants et leurs connaissances, de l'autre ce sont des petites incursions dans différents domaines comme le Scrabble, Lacan, la langue. Le tout est séparé en 12 chapitres, 144 thèmes ayant chacun 12 entrées ce qui donne 1728 fragments ou 12X12X12. Ces chiffres peuvent sembler rébarbatifs, mais je vous assure que cette structure ajoute un côté ludique et sérieux à la fois. Et si le chiac vous fait peur, sachez qu'il n'est utilisé que dans les dialogues et qu'il est facilement déchiffrable.
Plus je m'approchais de la fin, plus j'avais envie de reculer le temps. J'ai ralenti mon rythme de lecture. Je ne voulais pas le terminer. Un soir, j'ai quand même lu la dernière page, et depuis, ce livre m'habite.
«- C'est supposé qu'y en avait du temps de Molière qui trouviont que son français était trop populaire, pas assez raffiné.
- Denne hõw cõme qu'y disont tout le temps la langue de Molière, comme si qu'y était le kĩngpin du français ?
- Probablement parce qu'y a venu fãmous. C'était peut-être le premier Français à venir fãmous.»
- France Daigle, Pour sûr. Boréal, p. 32
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«- Par icitte la langue est un sport, fõr chrĩssake !
- Pour sûr !»
- France Daigle, Pour sûr. Boréal, p. 488
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«Dans la ligne de pensée du verre à moitié vide ou à moitié plein, certaines personnes qui se pensent en danger de mort sont en réalité en danger de vie.»
- France Daigle, Pour sûr. Boréal, p. 513
** Pour feuilleter Pour sûr double-cliquez sur le livre ci-haut, il s'agrandira.
- Marie-Hélène Vaugeois
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Quel élan, quelle flamme, quand tu parles de ce roman. Tu es convaincue et convaincante.
RépondreEffacerJ'espère bien être convaincante ! Je te conseille fortement de lire l'extrait disponible en feuilletage, si tu n'accroches pas c'est qu'il n'est peut-être pas pour toi, mais pour moi ce fut une véritable découverte. Je l'ai terminé, il y a deux semaines, en écrivant ce billet, j'ai retrouvé la ferveur ressentie durant ma lecture.
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