lundi 16 janvier 2012

Les libraires de la librairie Vaugeois aiment... Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu


Sophie Bienvenu


J'étais déjà vendue d'avance, mais c'est qu'elle a grandement livré, Sophie Bienvenu, avec son roman Et au pire, on se marieraJ'avais a-do-ré la série pour ados (k) - même que je la relis au moins une fois par année! - et je m'étais amusée à la lecture de passages de Lucie le chien, le carnet tiré de son blogue.  J'étais impatiente à l'idée de lire son premier «vrai» roman et, maintenant que c'est fait, je suis encore plus convaincue que Sophie Bienvenu fait partie de mes auteurs favoris.

Et au pire, on se mariera est le récit troublant d'Aïcha, une jeune adolescente qui raconte à un interlocteur inconnu un peu de sa vie mais surtout sa rencontre avez Baz, un homme qui a le double de son âge, et de qui elle tombe follement amoureuse.  La jeune fille n'a que treize ans mais déjà, son existence est remplie de poids lourds : elle vit avec sa mère qu'elle déteste et à qui elle ne laisse aucune chance, son beau-père adoré les a quittées (c'est en partie pourquoi elle ne supporte plus sa mère, qu'elle blâme pour le départ de Hakim), elle ne connaît pas son véritable père et ne fréquente, pour seuls amis, que deux prostituées qui font la rue.  Voilà le portrait de son quotidien avant qu'elle ne croise sur sa route le fameux Baz.  Au fur et à mesure qu'Aïcha progresse dans son témoignage, on comprend que la relation entre celle-ci et Baz deviendra vite malsaine.  L'attirance d'Aïcha pour son nouvel ami croît à une vitesse hallucinante.  Maladroite, vulnérable et désespérée de plaire à celui qu'elle aime, elle accumulera les erreurs et les gestes qui entraîneront leur lot de conséquences.

Il s'agit là d'un petit livre au contenu dur, pesant.  L'écriture et le style de Sophie Bienvenu n'allège en rien le tout, tenez-vous-le pour dit.  C'est précisément les malaises et l'atmosphère ressentis durant la lecture qui m'ont jetée à terre.  C'est fort, c'est puissant.  Le langage d'Aïcha nous amène directement dans sa réalité à elle, confuse parfois car il lui arrive de remanier ses versions des faits.  Je me suis surprise à relire des pages, même si je n'avais pas encore terminé le livre au complet, juste pour la beauté et l'impact des mots.  L'auteure a elle-même dit au sujet de son livre : «Quelqu’un lira dans Et au pire, on se mariera l’histoire d’une mésadaptée socio-affective, un autre y verra un message social… peut-être un dernier m’accusera de faire l’apologie de la pédophilie. L’un de ceux-là aura raison. Mais comme le manichéisme m’énerve, je ne vous dirai pas lequel.»  À vous maintenant de vous faire votre propre idée.



- Sylvianne Blanchette

***

- Et au pire, on se mariera, Sophie Bienvenu, La Mèche



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